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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 04:47
Source: radio-canada.ca
Mise à jour le lundi 18 février 2013 à 15 h 11 HNE
Un cycliste roule dans la neige dans une rue de Montréal Un cycliste affronte la tempête

Une première borne de comptage de vélos a été installée à Montréal en vertu d'un projet-pilote. La borne a été installée mercredi dernier sur l'avenue Laurier, près de la station de métro, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

 

Des capteurs magnétiques enfouis sous la piste cyclable permettent désormais de calculer le nombre de vélos qui empruntent la piste cyclable et de l'afficher en temps réel sur un tableau électronique. Les usagers peuvent ainsi savoir combien de cyclistes ont emprunté la piste depuis le début de la journée.

 

Le maire de l'arrondissement, Luc Ferrandez, espère ainsi démontrer à ses concitoyens que l'avenue est plus profitable à la population dans sa version hybride que dans sa version exclusivement automobile. La fermeture d'une voie de l'avenue Laurier, en 2011, pour la transformer en piste cyclable avait soulevé la controverse au sein de la population.

 

Le trafic routier est passé de 4000 à 2000 voitures par jour depuis la transformation de la moitié de la voie en piste cyclable. En contrepartie, le nombre de cyclistes a quadruplé, selon le directeur général de l'entreprise qui fabrique les bornes, Éco-compteurs, Jean-François Rhéault. « Maintenant, on est déjà à 3000 ou 4000 vélos par jour, explique M. Rhéault. Donc, si on fait le compte, on se rend compte qu'il y a plus de gens qui utilisent la rue dans cette nouvelle configuration que dans l'ancienne configuration. » 

Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez. Le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez.

Le maire Ferrandez s'attend à ce qu'un million de cyclistes empruntent la piste cyclable au cours des deux prochaines années. « C'est beaucoup pour un trait de peinture dans la rue qui ne coûte pas si cher que ça, souligne M. Ferrandez. Si on voulait faire passer un million de personnes en transport en commun, en taxi, en auto, en n'importe quoi, ça coûterait des fortunes. »

 

M. Rhéault précise que l'utilisation des bornes permet aux villes de planifier l'utilisation de ses infrastructures. « Ça permet aux villes en général de quantifier le nombre de personnes qui utilisent les infrastructures cyclables », poursuit-il.

D'après un reportage d'Olivier Bachand

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 17:25
Mise à jour le samedi 2 février 2013 à 9 h 13 HNE
  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le président français François Hollande accueilli à son arrivée au Mali par le président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré

Trois semaines après le début de l'intervention militaire au Mali, le président François Hollande a effectué une visite de quelques heures au Mali.

 

Le président français a entamé sa visite à Sévaré, dans le centre du Mali, puis s'est rendu à Tombouctou avec le président intérimaire malien, Dioncounda Traoré,  pour une rencontre avec les forces françaises et maliennes. François Hollande a été accueilli avec enthousiasme par des milliers d'habitants de Tombouctou.

 

Après avoir rendu hommage aux soldats engagés dans l'opération lancée le 11 janvier dernier, il a tenu à rappeler que les combats n'étaient pas terminés, mais que les forces africaines de la Mission internationale de soutien au Mali prendraient bientôt la place des militaires français.

 

« Cela va prendre encore quelques semaines, mais notre objectif est de passer le relais. Nous n'avons pas vocation à rester. Nos amis africains vont pouvoir faire le travail qui était le nôtre jusque-là. » — François Hollande

Outre la mosquée Djingareyber, principal lieu de culte de Tombouctou, MM. Hollande et Traoré ont aussi visité un centre de conservation de précieux manuscrits anciens, dont certains ont été incendiés par les islamistes.

 

Le voyage du président français ne s'est pas limité à constater sur place le « succès » militaire. Il a également abordé des questions politiques avec Dioncounda Traoré.

Des Maliens brandissent des pancartes remerciant le président français, à Ansongo, proche de la frontière avec le Niger.

« Je vais au Mali aussi pour qu'il y ait un dialogue politique qui puisse permettre que le Mali, après avoir chassé les terroristes, puisse retrouver la stabilité et l'esprit de concorde », avait dit vendredi M. Hollande.

 

Pour mettre l'accent sur l'aspect politique de son voyage, le président français n'était pas accompagné seulement par son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, mais aussi par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et le ministre chargé du Développement, Pascal Canfin.

 

Allégations d'exactions

La visite du président français intervient au moment où les organisations Amnistie internationale et Human Rights Watch rapportent des allégations d'exactions et de violations des droits de l'homme.

 

Un rapport d'Amnistie, publié après dix jours d'enquête, affirme que l'armée malienne a arrêté et exécuté une vingtaine de civils dans le nord du pays. 

 

Selon Amnistie, qui demande l'ouverture d'une enquête, un raid français dans la ville de Konna aurait tué au moins cinq civils, ce que dément l'état-major français.

 

Les enquêteurs de l'ONG affirment qu'une maison et une mosquée ont été criblées de balles et d'impact d'attaques à la roquette. Lors de cette attaque, cinq civils, dont une mère et ses trois enfants, ont été tués.

 

Selon les autorités françaises, il n'y a pas eu d'intervention française à Konna le 11 janvier.

 

Amnistie fait également état d'« allégations d'homicides arbitraires et délibérés » par des groupes islamistes armés, notamment d'exécutions de soldats capturés et de civils.

 

De son côté, Human Rights Watch (HRW) a accusé l'armée malienne d'avoir « exécuté sommairement au moins 13 partisans présumés des islamistes ». L'ONG accuse par ailleurs les groupes armés islamistes à Konna d'avoir « exécuté au moins sept soldats maliens ».

 

Après ces révélations, le porte-parole de l'armée malienne, le colonel Souleymane Maïga, a démenti les accusations des ONG. « L'armée malienne est une armée républicaine qui ne commet aucune exaction », a-t-il déclaré.

 

L'intervention française avait commencé le 11 janvier au lendemain d'une offensive en direction du sud du Mali menée par les groupes islamistes armés qui occupaient le Nord depuis dix mois. La veille, ils avaient pris la ville de Konna, au centre du pays.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 15:42

Saint-Louis de Sénégal est une petite ville intéressante à visiter. Ville mafois tranquille, il y a toutefois beaucoup d'actions le soir dans les rues. Les rues sont remplies de petits  commercants qui vendent fruits, poissons, chandails, noix etc.  Le soir, l'ambiance est sublime.

 

Les chants religieux sont toujours présents. Très tôt le matin, l'appel de la mosquée se fait entendre vers 5h30AM. Le soir, la musique joue jusqu'à minuit.

 

Le centre-ville de Saint-Louis est tres touristique. D'architecture d'origine francaise, le centre-ville donne une impression de déjà vu. On s'y sent bien très rapidement. Cependant, on se fait toujours quémender par les commercants ambulants, ce qui fait en sorte que l'on a hate de partir. Il faut rappeler que la plupart des gens habitent a SOR, de l'autre cote du pont. A SOR, malgré la pauvreté plus frappante, on se sent mieux, puisque la dynamique touriste-habitant est moins présente.

 

Il faut rappeler qu'au Sénégal, et plus particulièrement à Saint-Louis, vous verrez des milliers d'enfants demander de l'argent. Ces enfants sont les Talibés, enfants qui ont été délaissés par leurs parents, qui vivent sous l'emprise de marabouts dans les daaras. Certains marabouts leurs demandent habituellement de trouver 500-1000 CFA par jour, sinon ils seront punis. Les Talibés ne sont pas nourris, ils devront trouver de la nourriture eux mêmes quelque part dans la ville.

 

Heureusement, plusieurs familles nourrissent les enfants Talibés. Plusieurs organismes tentent de leurs venir en aide. Il faut rappeler que cette problématique n'est pas juste un problème de contrôle par les autorités religieuses, mais surtout, un manque de contrôle par le gouvernemen du Sénégal.

 

Selon un rapport de Human Rights Watch (http://www.hrw.org/fr/features/les-talib-s-au-s-n-gal), plusieurs  modifications devraient être apportées par le gouvernement du Sénégal, qui laisse les enfants se faire tabasser, dans un régime non contrôlé. HRW affirme qu'au Sénégal, il n'y a pas de frontières entre le gouvernement et les autorités religieuses, ce qui fait en sorte que l'on ferme les yeux sur des actes de violence contre les enfants.

 

Il faut cependant rappeler qu'en Afrique, le Sénégal est un pays paysible ou il fait bon vivre. La gentilesse des gens est remarquable. Surtout, malgré la pauvreté de certains, il est notable de trouver la joie de vivre, souvent non présente dans les villes de pays riches. 

 

Saint Louis - Senegal

Photo de  Jeannine Suerdieck

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 03:38
  |  Radio-Canada avec Reuters- Mise à jour le lundi 24 décembre 2012 à 0 h 30 HNE
La fonte de l'Antarctique de l'Ouest est plus rapide que l'on croyait La fonte de l'Antarctique de l'Ouest est plus rapide que l'on croyait  Photo :  AFP/SOPHIE LAUTIER

 

Une étude publiée par l'Université de l'Ohio révèle que l'Antarctique occidental se réchauffe presque deux fois plus vite qu'on le pensait.

 

Des chercheurs ont constaté que la température annuelle moyenne relevée à la station américaine sur la Terre Marie Byrd avait augmenté de 2,4 degrés Celsius depuis les années 50, ce qui est le triple de la moyenne mondiale.

 

Cette hausse accentue les craintes au sujet de la fonte accélérée des glaces aux pôles et de la montée du niveau des mers qui en résulte. Une fonte de toute la glace qui recouvre l'Antarctique occidental pourrait élever le niveau des eaux de 3,30 mètres, au minimum.

 

Un groupe d'experts qui dépend des Nations unies estime que le siècle actuel pourrait voir le niveau des mers augmenter de 18 cm à près de 60 cm, sans prendre en compte l'accélération de la fonte des glaces dans l'Antarctique et le Groenland.

 

Au cours du 20e siècle, le niveau des mers a augmenté d'environ 20 cm.

 

L'Antarctique occidental est la partie de l'Antarctique qui se situe dans l'hémisphère ouest. Elle comprend la Terre Marie Byrd, la Terre d'Ellsworth et la péninsule Antarctique.
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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 02:50

 Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters

Mise à jour le mardi 18 décembre 2012 à 15 h 43 HNE
Le président Barck Obama

La question des armes à feu semble connaître un coup d'accélérateur aux États-Unis.

 

Le président Barck Obama a indiqué par la voix du porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, qu'il soutient l'initiative de la sénatrice démocrate Diane Feinstein, qui compte proposer au Congrès de ressusciter une loi interdisant les fusils d'assaut semi-automatiques.

 

Cette loi était en vigueur de 1994 à 2004.

 

Après la tuerie de Newtown, M. Obama s'était engagé à prendre des mesures contre la violence par les armes.

La loi que la sénatrice veut rétablir a pour objectif de bannir la vente, le transfert, la fabrication et l'importation d'une centaine de modèles d'armes d'assaut, selon les précisions de la Maison-Blanche.

 

La loi fédérale votée durant la présidence de Bill Clinton, qui a expiré en 2004, n'a pas été renouvelée par le Congrès.

 

Le porte-parole de la Maison-Blanche a précisé que M. Obama allait aussi défendre toute tentative de bannir les chargeurs à grande capacité pouvant contenir des dizaines de munitions ainsi que la possibilité que des individus sans aucune licence puissent vendre des armes en privé.

 

La liste des armes interdites proposée par la sénatrice Feinstein inclurait les fusils et pistolets semi-automatiques et les chargeurs de plus de 10 balles.

 

Le texte exemptera aussi plus de 900 modèles utilisés pour la chasse ou le sport, ainsi que des armes antiques et manuelles.

 

Des proches des victimes de fusillade se rassemblent devant le Congrès

Des dizaines de familles de victimes de fusillades se sont rassemblées mardi devant le Congrès des États-Unis pour appeler les élus « à arrêter ce bain de sang ».

 

C'est une association qui milite pour le contrôle des armes, Brady Campaign to Prevent Gun Violence, qui a pris l'initiative de rassembler les familles de victimes des fusillades meurtrières de Virginia Tech, Aurora ou Columbine.

 

Les familles des victimes ont présenté à la presse une lettre d'opinion à la Maison-Blanche et aux élus demandant une action rapide.

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 03:35
Source: Radio-canada.ca
Mise à jour le mardi 6 novembre 2012 à 20 h 10 HNE
Des électeurs à Cleveland, en Ohio Des électeurs à Cleveland, en Ohio  Photo :  AFP/BRENDAN SMIALOWSKI

 

 

Malgré l'attention portée aux sondages nationaux, la course à la Maison-Blanche se gagne État par État, où les grands électeurs détiennent les clés de la victoire.

 

Dans chaque État, les électeurs votent non pas directement pour un candidat à la présidence, mais pour des grands électeurs. Comme ces grands électeurs sont associés à un parti politique, une fois qu'un candidat obtient la majorité du vote populaire au sein d'un État, tous les votes des grands électeurs de cet État lui reviennent (sauf le Maine et le Nebraska, où les grands électeurs sont partiellement accordés par district).

 

Pour être élu président des États-Unis, il faut avoir le vote d'au moins 270 des 538 grands électeurs.

Chaque État a un nombre de grands électeurs qui correspond au nombre d'élus dont il dispose aux deux chambres du Congrès. Notons que si la composition de la Chambre des représentants est fonction du poids démographique des États, au Sénat, chacun d'entre eux dispose de deux élus.

 

Si on fait le calcul, il y a donc 535 élus au Congrès (100 sénateurs + 435 représentants), qui correspondent aux 535 grands électeurs, auxquels il faut ajouter les trois grands électeurs de Washington D.C.

 

Des victoires État par État

Les sondages montrent que la plupart des États sont déjà acquis à l'un ou à l'autre des candidats. Par exemple, les électeurs de la Californie (qui compte 55 grands électeurs) sont en faveur de Barack Obama, tandis que les électeurs du Texas (38 grands électeurs) sont derrière Mitt Romney.

 

Il reste toutefois neuf États où il est beaucoup plus difficile de prévoir l'issue du scrutin : la Floride, l'Ohio, la Caroline du Nord, la Virginie, le Wisconsin, le Colorado, l'Iowa, le Nevada et le New Hampshire. Les électeurs de tous ces États ont voté majoritairement pour Barack Obama en 2008. Cette année, la Floride et la Caroline du Nord sont les deux États les plus susceptibles de passer aux mains des républicains.

 

Le New York Times offre une carte interactive qui permet d'envisager les différents scénarios. On remarque que sur les 512 scénarios possibles pour accéder à la Maison-Blanche, 431 mènent à l'élection de Barack Obama, et 76 à celle de Mitt Romney. Cinq scénarios mèneraient à une égalité de 269 votes au Collège électoral. La Chambre des représentants choisirait alors le président, et le Sénat choisirait le vice-président. Et comme les sondages indiquent que la Chambre des représentants restera républicaine et que le Sénat restera démocrate, c'est dire que les États-Unis seraient dirigés par... Mitt Romney et Joe Biden.

Carte interactive du <i>New York Times </i>sur les scénarios possibles quant à l'issue des présidentielles américaines dans les États-clés..

Le site de CNN, comme bien d'autres, offre par ailleurs la possibilité de choisir l'issue du scrutin dans chacun des États, et ainsi de faire ses propres prévisions.

Carte interactive de CNN pour faire ses propres prévisions électorales.

Les électeurs doivent par ailleurs renouveler l'ensemble de la Chambre des représentants (435 sièges) et le tiers du Sénat (33 sièges), en plus de voter pour des représentants locaux, et de se prononcer sur différentes questions référendaires, allant de la fiscalité des particuliers au droit de consommer du cannabis, en passant par l'interdiction de financer les interruptions volontaires de grossesse avec les fonds publics, ou encore la légalisation du mariage entre conjoints de même sexe.

 

Suivez le déroulement de la journée électorale sur Radio-Canada.ca/presidentielles2012

Pour me joindre : bruno.maltais@radio-canada.ca

Suivre @BrunoMaltais

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 03:43

Source: http://www.ledevoir.com/societe/medias/361957/intimite-dans-les-mains-de-facebook

Un milliard d’humains à la merci des annonceurs

Le Devoir.com Fabien Deglise   20 octobre 2012  Médias
L’effet vient avec la cause. À une époque où un milliard d’humains ont décidé de dévoiler leur intimité dans les réseaux sociaux, le partage d’une bonne nouvelle, comme celle de donner la vie, n’a désormais plus comme seule conséquence des nuits sans sommeil et des couches à changer.
Photo : Newscom
L’effet vient avec la cause. À une époque où un milliard d’humains ont décidé de dévoiler leur intimité dans les réseaux sociaux, le partage d’une bonne nouvelle, comme celle de donner la vie, n’a désormais plus comme seule conséquence des nuits sans sommeil et des couches à changer.

À retenir

La barre du milliard a été franchie. À ce point de l’histoire, un humain sur sept accepte donc de livrer quotidiennement son intimité à Facebook, une multinationale américaine dont la vocation est beaucoup plus commerciale que sociale ou humaine. Un abandon numérique paradoxal, rythmé par des cas récurrents de censure et d’intrusion dans la vie privée.

 

Elle a trente ans. Elle est enceinte. Elle n’en a parlé qu’à un nombre restreint de ses amis, mais Facebook a rapidement tout deviné. Sally, entrepreneure dans le monde de la techno aux États-Unis, s’est étonnée en août dernier de voir apparaître sur sa page Facebook des publicités vantant les mérites de couches-culottes pour nourrisson alors qu’elle n’avait jamais mentionné son état sur ce réseau ni associé des « j’aime » (ces marqueurs de l’appréciation d’un contenu avec le désormais célèbre pouce levé vers le haut) à des produits pour enfants et histoires de grossesse.



Hasard ? Selon la multinationale de la socialisation numérique, la campagne en ligne ciblait les femmes de 18 à 34 ans, sans distinction. Sally, elle, a préféré ne pas le croire. La publicité lui était bel et bien destinée, puisqu’elle est apparue soudainement après que son mari eut ajouté une photo sur son compte Facebook : le cliché y montrait seulement un test de grossesse positif. La mère en devenir n’était pas sur la photo, mais son nom y avait été « accroché » (« tagué », comme on dit en langage Facebook) par sa douce moitié. Sans malice.

L’effet vient avec la cause. À une époque où un milliard d’humains ont décidé de dévoiler leur intimité et de dématérialiser un trait fondamental de leur condition humaine (la socialisation) dans ce genre de réseaux, le partage d’une bonne nouvelle, comme celle de donner la vie, n’a désormais plus comme seule conséquence des nuits sans sommeil et des couches à changer. Elle vient aussi mettre en lumière le paradoxe de cette socialisation en format 2.0 qui, en s’articulant dans une sphère publique contrôlée par une compagnie privée, ne tisse plus seulement des liens entre des individus, mais également la toile d’une surveillance de ces comportements à des fins commerciales ou morales. Pour le moment du moins, et dans une logique qui étrangement serait jugée inacceptable dans la vie non numérisée, par la plupart des citoyens.

 

« Si une compagnie proposait un service de téléphone résidentiel où chaque conversation était enregistrée, analysée et conservée, où les échanges étaient entrecoupés de publicités en lien avec le sujet de la conversation, les gens diraient non ! », résume à l’autre bout du fil Claudine Bonneau, professeure au Département de management et technologies et membre du Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Or, dans les mondes numériques, les choses sont différentes. Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que nos données personnelles sont enregistrées, analysées et utilisées à des fins commerciales. Mais, pour le moment, le dérangement subi, contrairement à un appel de télémarketing, semble plus acceptable là qu’ailleurs. Sans doute parce qu’il est plus discret et moins bien compris. »


Avantage contre inconvénient

 

Cet équilibre est à l’origine du succès de Facebook qui, depuis son apparition en 2004, n’a pas seulement tracé les contours d’une nouvelle communication en permettant à ses abonnés de garder contact avec parents et « amis » presque en temps réel, tout en normalisant, par cet accès distant et permanent à l’autre, l’idée de surveillance, par bienveillance ou pas, des siens. « Facebook a aussi déplacé les frontières de l’intimité et modifié notre rapport général à la vie privée, explique Mary Jane Kwok Choon, chercheuse au Groupe de recherche sur la communication, l’information et la société de l’UQAM (GRICIS). Comment ? En faisant de l’impudeur un prérequis à l’interaction sociale numérique. » Avant de chercher à en tirer profit.

 

Les clients: les annonceurs

 

La mutation allait de soi. Pour exister dans ces environnements, il faut en effet se dévoiler et surtout laisser des traces de ces dévoilements. Ici par l’entremise d’un commentaire, d’un lien, d’une photo, d’une vidéo, d’une position géographique, là par un « j’aime » accroché à un produit, qui cimentent désormais les liens sociaux et facilitent les rapprochements dans ces espaces. Anodins dans leurs unicités, ces fragments de pensée et d’intention deviennent toutefois signifiants dans leur tout, mais également dans leur interrelation que cherchent à traquer les « sondeurs d’âmes » et marchands de rêves. « Les clients de Facebook, ce ne sont pas le milliard d’abonnés, souligne Mme Bonneau. Ce sont les annonceurs », qui, en passant par les technologies prédictives, l’algorithmie, la psychologie sociale et les outils d’analyse de toute l’information qui circule sur ce réseau, espèrent se montrer plus précis, plus convaincants et parfois plus intrusifs.

 

Cette surveillance a ses effets pervers, comme en témoignent les nombreuses « affaires » auxquelles Facebook a dû faire face depuis sa création controversée sur le campus de Harvard. On rappelle les faits : à ses débuts, Facebook s’appelait Facemash et invitait les étudiants à juger l’apparence physique des uns et des autres dans un tout très superficiel et sur la base d’informations personnelles volées par Zuckerberg sur les serveurs de l’université.

 

La suite ne pouvait être que conséquente. Elle se cristallise dans l’histoire de cette mère de famille dont le compte a été censuré pour avoir diffusé des photos d’elle allaitant un enfant, la présence de la sexualité (le sein d’une mère en ferait partie, selon l’empire Zuckerberg) étant interdite. La toile de Courbet L’origine de la vie a provoqué le même genre de réaction qui vise à maintenir un environnement social sans aspérité pour s’assurer que le commerce s’y épanouisse loin des dissensions morales.

 

Ailleurs, c’est la publicité trop bien ciblée et liée à une maladie d’un abonné ou encore cet outil permettant de reconnaître automatiquement les visages sur les photos des abonnés qui ont soulevé l’ire récemment de quelques abonnés et des défenseurs des libertés individuelles, qui y voyaient une surveillance sociale allant sans doute trop loin. Dans la foulée, une question surgit alors : l’essor de cette surveillance passive permet-elle à Facebook d’assurer une socialisation basée sur une réelle liberté de penser ?

 

« Ces cas d’intrusion ou de censure, même s’ils sont significatifs, ne semblent pas encore assez forts pour faire fuir les gens de ce réseau, sans doute parce qu’ils ne les touchent pas de près et qu’ils reposent sur des concepts techniques nébuleux, dit Mme Bonneau. Toutefois, ils construisent une mythologie très saine qui contribue à développer chez les abonnés une pratique plus réflexive. Plus ils comprennent les tenants et aboutissants de ce réseau, plus ils vont réclamer de la transparence de la part de Facebook », qui ne devrait avoir d’autre choix que de la leur donner pour ne pas nuire à un équilibre fragile entre irritants et avantages qui pour le moment a fait gagner à l’entreprise un milliard de fidèles, mais pourrait aussi lui en faire perdre autant.

 

Intimité surveillée

 

1- Abonné transformé en support publicitaire. 20 millions de dollars, c’est la facture que vient d’être condamnée à payer Facebook dans le cadre d’un recours collectif intenté en Californie par un groupe d’abonnés. Son crime ? Avoir utilisé dans le cadre de publicités en réseau, baptisé « Sponsored Stories » (des histoires commanditées), les noms et commentaires personnels de plusieurs membres de son réseau. Sans leur autorisation.

 

2- Cachez donc ce sein… Commotion dans le monde de l’information en septembre dernier. Sans préavis, Facebook décide de fermer le compte du prestigieux magazine New Yorker qui vient de partager une caricature de Mick Stevens montrant Adam, mais surtout Ève avec les seins nus. Une chose illégale pour Facebook, qui sous la pression a dû revoir son jugement moral, rouvrir le compte et évoquer une erreur d’interprétation de ses équipes de censeurs.

 

3- Allaiter illégalement. La nature a ses limites sur Facebook. Emma Kwanisca, une jeune mère de Vancouver, l’a découvert récemment en se faisant censurer son compte par la multinationale après y avoir partagé avec ses amis de simples photos d’elle en train d’allaiter ses enfants. On y voyait une poitrine, là aussi. L’indignation de la mère, amplifiée par les médias, a fini par faire entendre raison au réseau.

 

4- Se faire sortir du placard. Dissimuler son homosexualité à l’ère de Facebook n’est pas chose aisée. Taylor McCormick et Bobbi Duncan, de l’Université du Texas, viennent d’en faire les frais en se faisant « sortir du placard » numériquement par le réseau social, contre leur volonté, après avoir décidé de s’inscrire dans une chorale pour étudiants gais. La chorale a inscrit leurs noms sur sa page Facebook, informant du coup de la chose les nombreux amis et parents des étudiants, dont plusieurs n’étaient pas au courant de leur orientation sexuelle.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 15:59
Mercredi 17 octobre 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE
Vitali Klitschko (Photo PC)

Vitali Klitschko (Photo PC)

KIEV - La foule est enthousiaste, des dizaines de mains se tendent vers lui: le célèbre boxeur ukrainien Vitali Klitschko surfe sur sa gloire sportive en faisant campagne pour les législatives du 28 octobre, promettant une lutte contre la corruption et un niveau de vie comme en Europe.

« Nous avons déclaré un combat pour l'Ukraine et nous allons le gagner », lance ce géant de plus de deux mètres, champion du monde WBC des poids lourds et opposant au régime ukrainien, sous les applaudissements de plusieurs centaines de sympathisants regroupés devant une scène dans un quartier de Kiev.

Son parti, Udar (« coup » en ukrainien), arrive en deuxième position dans les derniers sondages avec environ 16 % des intentions de vote, derrière le parti du président Viktor Ianoukovitch et au coude au coude avec la principale alliance d'opposition.

Cette percée impressionnante pour une formation qui n'était jusqu'ici active qu'à Kiev s'explique selon des experts par la déception générale des Ukrainiens tant vis-à-vis du pouvoir que vis-à-vis de l'alliance d'opposition comprenant notamment le parti de l'ex-Première ministre incarcérée Ioulia Timochenko.


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L'aîné des frères Klitschko sillonne le pays depuis des mois pour aller à la rencontre des électeurs, espérant que son parti va remporter 70 des 450 sièges de l'assemblée.

Faire campagne " n'est pas facile, mais je ne suis pas habitué à me plaindre », a-t-il déclaré dans un entretien à l'AFP.

« Mes méthodes en politique sont les mêmes que dans le sport: travail d'équipe et confiance en soi. Et ça marche », dit-il.

Portant une tenue informelle - jean, chemise et veston impeccable - Vitali Klitschko arrive dans un minibus noir et monte rapidement sur scène.

« Pourquoi je fais cela si la politique (en Ukraine) est une sale affaire? », lance-t-il devant une foule enthousiaste. Il donne aussitôt la réponse : sa mission est « d'entrer dans le monde politique pour le changer ».

Il promet aux électeurs de combattre la corruption et d'oeuvrer pour des « normes de vie européennes » dans cette ex-république soviétique où le salaire moyen dépasse à peine 300 euros.

« Le seul à avoir gagné ses millions honnêtement »

« Je n'ai pas besoin d'argent, de poste important ou d'immunité parlementaire », soutient ce millionnaire, qui possède avec son frère cadet Vladimir, lui aussi champion de boxe détenteur des titres mondiaux WBA-IBF-WBO, plusieurs sociétés de promotion du sport basées en Allemagne et aux États-Unis.

Des paroles convaincantes pour beaucoup. « Il est le seul en Ukraine à avoir gagné ses millions honnêtement », estime Alla, une comptable de 45 ans, présente à la manifestation.

« Je ne viens pas chercher vos voix, mais vos coeurs », enchaîne le boxeur, avant de descendre vers les participants pour serrer des mains et distribuer sa photo.

Certains médias soupçonnent Klitschko de travailler en sous-main avec les partisans du président Viktor Ianoukovitch, des accusations rejetées par le boxeur.

« Je ne me suis jamais vendu et je ne me vendrai jamais », a-t-il lancé récemment.

Le boxeur affirme au contraire que son parti subit des pressions de la part du pouvoir, citant notamment des « enquêtes judiciaires infondées » contre des candidats de son parti.

Il assure financer avec ses propres moyens « plus de la moitié » des frais de sa campagne, estimant son coût total à quelque 10 millions d'euros.

Si le Parlement ukrainien est réputé pour des rixes entre députés, Vitali Klitschko espère qu'il n'aura « jamais à recourir à ses acquis sportifs hors du ring ».

« Mais si les intérêts de l'État sont en jeu, je vais les défendre par tous les moyens », prévient-il.
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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 05:03

Voir: http://www.lapresse.ca/videos/201209/07/46-1-la-violence-au-honduras.php/dc0232c80e9e4e6db49bed4a3db69cc9

 

Source: La Presse - Publié le 08 septembre 2012 à 16h21 | Mis à jour à 16h21

Un chauffeur de taxi tué par balle repose,... (Photo: David Boily, La Presse)

Un chauffeur de taxi tué par balle repose, mort, près de son taxi.  Le docteur de la morgue l'examine avant de le mettre dans le camion.

Photo: David Boily, La Presse

Isabelle Hachey
La Presse

Le Honduras est le pays le plus meurtrier du monde. Là-bas, une personne est tuée toutes les 76 minutes. Dans la première partie d'un reportage sur cette explosion de violence sans précédent, nos journalistes ont passé une journée à observer la faune étrange, désespérée et parfois désespérante qui peuple la rue de la morgue de la capitale, Tegucigalpa.


Elle s'appelait Yalili Montes. La veille, elle avait quitté son village du Honduras avec ses trois enfants pour rendre visite à sa mère dans la capitale, Tegucigalpa. Cet après-midi de juin, elle est sortie faire des courses. Elle n'est jamais revenue.

 

On a trouvé son corps sur un trottoir, à l'autre bout de la ville, la tête couverte de sacs de plastique. Asphyxiée à mort, puis jetée d'une voiture comme un déchet.

 

À Montréal, le sort funeste de Yalili Montes aurait fait les manchettes. À Tegucigalpa, il a à peine mérité un entrefilet. Un meurtre parmi tant d'autres. Une horreur de plus dans un sinistre maelstrom de sang et de fureur.

 

Il y a longtemps que le Honduras a perdu le compte de ses morts.

 

Avec un taux stratosphérique de 87 homicides pour 100 000 habitants, ce pays d'Amérique centrale autrefois paisible est officiellement le plus meurtrier de la planète. Ici, 19 personnes sont tuées chaque jour.

 

Une violence débridée qui menace de plus en plus la stabilité du Honduras.

 

Une faune étrange

 

Matin ordinaire à la morgue de Tegucigalpa. Le journaliste Carlos Posadas, surnommé le Faucon, débarque en trombe. Il jette à peine un coup d'oeil à la famille anéantie venue récupérer le corps de Yalili Montes.

 

Le Faucon ne s'intéresse plus à cette histoire. Pour ce chasseur d'images-chocs, c'était la nouvelle d'hier. Elle a déjà perdu sa valeur marchande.

 

Carlos Posadas filme une dizaine de scènes de crime par jour. Petit et nerveux, le nez pointu, les sourcils froncés sur des yeux jaunes et perçants, il porte bien son surnom.

 

Le Faucon fait partie de la faune étrange qui peuple la rue de la morgue.

 

L'odeur de la mort flotte sur cette rue sans nom et sans issue, derrière l'hôpital de Tegucigalpa.

 

On y trouve une gargote miteuse où se rassemblent le Faucon et ses collègues. Un conteneur converti en boutique de cercueils par des croque-morts opportunistes. Et, depuis février, un énorme camion réfrigéré où l'on entrepose les corps qui n'ont toujours pas été réclamés parmi les 368 victimes du terrible incendie de la prison de Comayagua.

 

La morgue elle-même, avec son toit de tôle et ses murs lézardés, est en si piteux état qu'elle semble sur le point de s'écrouler.

 

Chaque semaine, on transporte ici plus de victimes de meurtre qu'en une année entière à la morgue de Montréal.

 

Assis sur un vieux banc, José Edgardo Simons et Manuel Diaz observent le bal des corbillards qui vont et viennent dans la rue.

 

Ce sont les marchands de cercueils. Presque tous leurs «clients» proviennent de la morgue. «C'est très efficace, confie José. Les proches sont aveuglés par leur peine. Nous les guidons dans les démarches à suivre.» Les deux hommes n'hésitent pas à se rendre sur les scènes de crime pour faire leur démarchage. Les bonnes journées, ils concluent leurs ventes avant que les corps ne soient froids.

 

Il y a de moins bonnes journées. «On nous a déjà lancé des pierres, dit Manuel. Il y avait eu une bagarre après un match de soccer, et un gars s'était fait couper la tête. Personne n'a osé toucher à son corps. Ses proches l'ont enterré eux-mêmes.»

 

Le bal de la Morguera

 

Comment le Honduras en est-il arrivé là? Par un cocktail explosif de pauvreté endémique, de gangs de rue ultraviolents, d'institutions fragiles et de profonde crise politique. Par les redoutables cartels de drogue mexicains, aussi, qui ont migré en Amérique centrale.

 

Depuis 10 ans, Hypolito Cruz conduit la Morguera, une camionnette blanche tristement célèbre pour annoncer le passage de la Faucheuse partout où elle va. Chaque année, constate cet assistant du médecin légiste, les meurtres sont plus nombreux - et plus violents - à Tegucigalpa.

 

Depuis le temps qu'il fait ce métier, Hypolito sait d'avance si la journée sera calme ou agitée. Les jours de paie, les week-ends et les soirs de match, il s'attend au pire. Et le pire est toujours au rendez-vous. «Il faut être préparé mentalement pour faire ce boulot, sinon ça rend vite fou.»

 

Rien n'aurait pu préparer Hypolito, pourtant, à l'incendie de la prison de Comayagua, le 14 février. Pendant 48 heures, il a dégagé les corps calcinés des détenus, brûlés vifs dans leurs cellules. «J'ai vu beaucoup de choses dans ma vie, mais celle-là...»

 

Tout près de lui, Maria de Jesus Hernandez pleure de douleur et de soulagement. Son fils est mort dans l'incendie. Depuis des mois, elle hante les locaux de la morgue. Mais aujourd'hui, c'est le grand jour: on a enfin identifié le corps d'Ever Pineda grâce à des tests d'ADN.

 

Maria sert contre elle un cahier rouge rempli de photos et de coupures de journaux qui relatent la tragédie. Elle s'y accroche comme à une bouée. Dans quelques minutes, elle tirera enfin son garçon de cet affreux camion réfrigéré, de cette rue sans nom qu'elle ne supporte plus.

 

Mort pour quelques dollars

 

Début de l'après-midi. La Morguera est appelée à San Ignacio, un quartier riche de Tegucigalpa. Un chauffeur de taxi a été tué d'une balle dans la tête. Le deuxième en moins de 12 heures.

 

Comme toujours, le Faucon arrive avant tout le monde. Il file à moto pour battre les enquêteurs de vitesse. Toujours seul. Au Honduras, il est interdit aux hommes de se déplacer à deux à moto: trop de meurtres ont été commis de cette manière.

 

Le Faucon tourne ses images et repart aussi vite qu'il est venu.

 

Maria Elena Avila a entendu les coups de feu et le fracas du taxi qui a percuté sa propre voiture, garée devant sa maison.

 

Elle est ébranlée. Deux semaines plus tôt, en revenant d'une visite chez ses petits-enfants, elle a été victime d'un secestro express, un enlèvement de quelques heures. Cinq hommes armés jusqu'aux dents ont sauté dans sa voiture à un feu rouge.

 

«Ils ont pointé un fusil sur ma tempe. Je les ai suppliés de ne pas me tuer. Ils m'ont tout pris: mon argent, ma voiture, et ils m'ont laissée en pleine nuit dans une zone isolée.»

 

L'an dernier, le gouvernement a déployé l'armée dans les rues dans l'espoir de mater la violence. Des militaires patrouillent dans les quartiers pauvres, où sont commis la majorité des meurtres. Mais cette démonstration de force n'empêche pas les gangs de rue de régner en maîtres sur les bidonvilles qui ceinturent la capitale.

 

Le Honduras est dépassé: 98% des meurtres ne sont jamais résolus. Ici, on tue en toute impunité. Pour presque rien. «Ce chauffeur de taxi, on l'a sans doute tué pour 25$», se désole Maria Elena en fixant du regard l'homme affalé derrière son volant.

 

Le centre-ville se vide quand tombe la nuit. Les Honduriens s'enferment chez eux à double tour, prisonniers de la violence. Les tueurs, eux, sont libres comme l'air.

 

«C'est horrible, dit Maria Elena. Avant, le Honduras était paisible et calme. Je pouvais sortir tard le soir. Aujourd'hui, c'est impossible. Je ne pensais jamais vivre cela un jour.»

 

Des chauffeurs de taxi s'arrêtent pour s'informer, la mine basse, du dernier collègue en date à avoir tiré le mauvais numéro. Il s'agit de Franklin Alexander Izaguirre, 42 ans, père de quatre enfants. La nouvelle se répand. Peu à peu, un attroupement se forme derrière le cordon policier.

 

Parmi eux, Rodolfo Izaguirre observe, impuissant, les portes de la Morguera se refermer sur le corps ensanglanté de son fils. «Quand il est venu à la maison, il y a quelques jours, je lui avais conseillé d'abandonner le taxi. Je lui avais dit que c'était trop dangereux.»

 

Un marchand de crème glacée se poste derrière le cordon policier. Il fait tinter ses clochettes pour attirer l'attention.

 

»On ne sait rien»

 

À la morgue, les membres de la famille de Yalili Montes accusent le choc. Toutes leurs questions restent désespérément sans réponses. Qui? Pourquoi? «On ne sait rien», dit sa soeur Silvia.

 

Il y a à peine deux mois, ils sont venus à la morgue pour un cousin, dont la voiture a été criblée de balles.

 

La famille attache le cercueil de bois dans la boîte d'une vieille camionnette rouillée. Puis le véhicule bringuebalant quitte la rue de la morgue.

 

Elle s'appelait Yalili Montes. Le monde l'a déjà oubliée.

 

***

 

Taux d'homicide par pays

 

HONDURAS : 87

 

SALVADOR : 71

 

ÉTATS-UNIS : 4,8 *

 

CANADA : 1,62 *

 

Taux d'homicide au Honduras

 

2004 : 32

 

2008 : 58

 

2011 : 87

 

Nombre de meurtres en 2011

 

San Pedro Sula, capitale économique du Honduras, a détrôné Ciudad Juarez, ville frontalière du Mexique, pour devenir la capitale mondiale du meurtre en 2011. Ce triste honneur s'explique par le fait que San Pedro Sula est devenu un point de transit majeur de la cocaïne produite en Amérique du Sud et consommée aux États-Unis.

 

Depuis peu, les cartels mexicains ont migré en Amérique centrale pour échapper à la lutte contre la drogue lancée par Mexico. Les cartels recrutent les gangs de rue locaux pour s'assurer un passage. Ils achètent les élus, la police et les juges, affaiblissant des institutions déjà fragiles.

 

En 2011, il y a eu 159 meurtres par tranche de 100 000 habitants à San Pedro Sula le double de la moyenne nationale au Honduras.

 

San Pedro Sula : 1143

 

Montréal : 35

 

7104 meurtres ont été commis au Honduras en 2011

 

Sources : ONU, Instituto Universitario en Democracia, Paz y Seguridad, Crime in the United States

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 01:18

Si un jour vous arrêtez à Oshawa (Ontario), pincez vous, puisque vous vous imaginerez dans le décor d'un film de suspense. La province de l'Ontario offre une diversité surprenante, avec des villes innovantes (Toronto, Ottawa), des villes marquant l'histoire d'un passé (Kingston) et, des villes assigés négativement par le libéralisme (Oshawa, North Bay).

 

Il faut spécifier que, sans que personne l'ait vraiment souligné, Toronto se place dorénavant, en Amérique du Nord, comme une des villes économique les plus puissantes.

 

"Toronto is a major international centre for business and finance. Generally considered the financial capital of Canada, Toronto has a high concentration of banks and brokerage firms on Bay Street, in the Financial District. The Toronto Stock Exchange is the world's seventh-largest stock exchange by market capitalization.[65] The five largest financial institutions of Canada, collectively known as the Big Five, are headquartered in Toronto, as are a majority of Canada's corporations.[12]

The city is an important centre for the media, publishing, telecommunication, information technology and film production industries; it is home to Bell Media, Rogers Communications, and Torstar. Other prominent Canadian corporations in the Greater Toronto Area include Magna International, Celestica, Manulife Financial, Sun Life Financial, the Hudson's Bay Company, and major hotel companies and operators, such as Four Seasons Hotels and Fairmont Hotels and Resorts.

Although much of the region's manufacturing activities take place outside the city limits, Toronto continues to be an important wholesale and distribution point for the industrial sector. The city's strategic position along the Quebec City – Windsor Corridor and its extensive road and rail connections help support the nearby production of motor vehicles, iron, steel, food, machinery, chemicals and paper. The completion of the Saint Lawrence Seaway in 1959 gave ships access to the Great Lakes from the Atlantic Ocean.

The city's net debt stood at $4.4 billion as of the end of 2010 and has a AA credit rating.[66] Toronto is expected to pay $400 million of the debt in 2011.[66] The city's debt increased by $721 million in 2010.[66] The city’s unemployment rate was 8.1% in November 2011, down from 8.3% year over year[67] (source Wikipedia.org).

 

Pendant que l'économie américaine a de la difficulté, certaines villes au Canada explosent, malgré la situation économique. Cependant, le boom économique crée aussi son inverse, des zones oubliées. Un peu comme St-Henri était l'ombre de Westmount dans les années 1970, Oshawa se place dans la dure réalité d'être le back flip de Toronto, et ce, à 65 km plus à l'est.

 

Culturellement, il est intéressant de voir transparaître dans cette ville une certaine forme de culture de noirceur, de trash rock macabre, comme si les gens se persevaient "pauvre" face à la première de classe économique: Toronto.

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