Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

Articles Récents

Liens

8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 05:27

Source: Radio-Canada.ca

Mise à jour le lundi 7 mars 2016 à 16 h 08 HNE

Cette créature a été pêché au large de Terre-Neuve. Photo : Scott Tanner

Une créature bien étrange a été pêchée par un chalutier au large de Terre-Neuve. Le poisson a des yeux verts perçants, un bec d'oiseau et des nageoires qui ressemblent à des ailes.

Les pêcheurs qui se trouvaient sur le bateau ont tous été captivés par la prise. L'un d'eux, Scott Tanner, de la Nouvelle-Écosse, a pris quelques photos et a fait des recherches pour en savoir plus sur ce mystérieux poisson.

La chimère à long nez pêchée à T.-N.-L. Photo : Scott Tanner

Il a découvert qu'il pouvait s'agir d'une chimère à long nez, un poisson cartilagineux qui vit à plus de 3000 mètres de profondeur. Le professeur de biologie de l'Université Dalhousie Jeffrey Hutchings confirme qu'il s'agit bien de cette espèce.

Un « monstre marin »

La chimère à long nez est un cousin éloigné du requin. Cette espèce vit en Atlantique, au large de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador. Son nom latin Rhinochimaeridae signifie « monstre marin ».

Les photos du poisson, publiées par Scott Tanner, fascinent les internautes du monde entier. Elles ont été largement partagées dans les médias sociaux et ont même été reprises par un journal du Royaume-Uni.

Repost 0
Published by Radio-Canada.ca
commenter cet article
25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 20:59

La Presse - Publié le 25 octobre 2015 à 08h32 | Mis à jour à 12h18

Il y a officiellement 54 candidats en lice pour succéder au président haïtien Michel Martelly.

PHOTO HECTOR RETAMAL, AFP

Amelie BARON
Agence France-Presse
PORT-AU-PRINCE

Les électeurs haïtiens votaient dimanche dans le calme pour choisir leur nouveau président et renouveler la quasi-totalité du paysage politique, dans l'espoir de sortir de l'instabilité politique le pays qui ne s'est jamais vraiment remis du séisme ravageur de 2010.

À Port-au-Prince, les bureaux de vote ont ouvert vers 6 h avec un léger retard en raison de la gestion chaotique des mandataires des partis politiques.

La participation est en nette hausse comparée à celle des dernières élections et c'est dans le calme que les citoyens patientent devant l'entrée de leur centre de vote.

Les 5,8 millions d'électeurs ont jusqu'à 16 h pour voter pour le premier tour de l'élection présidentielle, le second tour des législatives et le tour unique des municipales.

Les résultats de ces élections ne devraient pas être connus avant début novembre.

«Aujourd'hui je suis venu voter parce que la situation de mon pays, je considère cela comme une tragédie, depuis des décennies», explique Joseph, après avoir glissé son bulletin dans l'urne.

Dans le lycée de Pétionville, l'un des plus gros centres de vote du pays, l'ambiance est très animée. Les personnes mandatées par les partis politiques pour surveiller les opérations de vote se disputent leur ordre de passage, ne pouvant tous se trouver au même moment dans les bureaux de vote exigus.

Patrick Chérilus est venu voter, avec un intérêt particulier pour le scrutin municipal.

«J'aimerais que Pétionville soit propre et belle, comme quand je suis né. Mais aujourd'hui c'est rempli d'ordures», explique l'homme d'une quarantaine d'années. «Le pays a besoin de plus d'écoles, de plus d'emplois et des structures de santé pour les enfants».

«Vers une victoire»

Peu après 10 h, la frénésie a gagné le centre de vote avec l'arrivée de Jude Célestin, l'un des favoris pour le scrutin présidentiel.

«Nous allons directement vers une victoire au premier tour», a estimé le candidat du parti Lapeh auprès de l'AFP, appelant ses partisans à continuer de voter dans le calme.

Quelques minutes plus tard, l'actuel chef de l'État Michel Martelly est à son tour venu exercer son devoir civique dans ce centre de vote qui concentre plus de 70 bureaux.

L'organisation des états américains a déployé une mission d'observation de 125 membres répartis sur le territoire, dont le chef, Celso Amorim, s'est déclaré satisfait du déroulement des élections.

«Il y a eu quelques retards, mais progressivement tous les bureaux vont être ouverts», a-t-il affirmée dans la matinée après avoir visité un centre de vote. «On a rapporté quelques incidents plus sérieux dans le nord, mais on est en train de trouver une façon pour que les gens puissent au moins voter pour l'élection présidentielle», a assuré M. Amorim.

Les forces de l'ordre dans la capitale sont davantage présentes et visibles que lors du précédent scrutin: le 9 août dernier, le premier tour des législatives avait été émaillé d'incidents violents, causant la mort de deux personnes.

Quelque 10 000 sont déployés à travers le pays, avec le soutien de plus de 5000 policiers et militaires de la Mission des Nations unies (Minustah).

Cependant la logistique s'avère le problème majeur de ces élections. Faute d'espace dans le lycée de Pétionville, les isoloirs sont posés sur des petites tables ou des coins de bancs.

«C'est vraiment lamentable, mais c'est toujours comme ça pour les élections», se désole Frantz Ernso, un observateur d'une organisation de la société civile haïtienne. «Les gens votent accroupis devant des bancs. En terme d'espace, il n'y a pas eu d'amélioration par rapport au 9 août», regrette-t-il.

Depuis le séisme ravageur de janvier 2010, qui a fait plus de 200 000 morts et jeté à la rue un million et demi d'habitants, le pays le plus pauvre des Amériques a entamé un long processus de reconstruction, ralenti par le contexte politique conflictuel.

La crise profonde entre l'exécutif et l'opposition depuis l'arrivée à la présidence de Michel Martelly en mai 2011 a empêché la tenue des élections locales et législatives.

Les élus municipaux, faute de scrutins, ont été progressivement remplacés par des agents exécutifs intérimaires, nommés directement par la présidence. Le parlement haïtien a lui cessé de fonctionner le 13 janvier dernier.

Il y a officiellement 54 candidats en lice pour succéder au président haïtien Michel Martelly. Certains, se sont ralliés à des prétendants plus populaires, mais ne l'ayant pas fait dans les délais impartis, tous ont leur portrait, leur nom, le symbole et le numéro de leur parti sur le bulletin de vote: un casse-tête pour la moitié des électeurs qui sont analphabètes.

Repost 0
Published by La Presse
commenter cet article
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 05:47

Obliger le VIH à s'exposer

Source: Radio-Canada.ca - Mise à jour le mardi 5 mai 2015 à 13 h 11 HAE

Représentation du VIH Photo : iStock

Imaginez un instant le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) comme une boîte de conserve hermétique que personne ne réussit à ouvrir.

Le chercheur Andrés Finzi et ses collègues du Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) affirment avoir découvert un nouveau mécanisme, une sorte d'ouvre-boîte, pour forcer le virus à exposer ses parties vulnérables et ainsi permettre aux cellules du système immunitaire de tuer les cellules infectées.

En bref
Le VIH touche environ 35,3 millions de personnes dans le monde, mais la proportion de décès a fortement baissé. En 2012, il y a eu 1,6 million de morts liées au virus, contre 1,7 million en 2011 et un pic de 2,3 millions en 2005.

Les chercheurs ont découvert que les personnes infectées par le virus du VIH-1 possèdent naturellement des anticorps qui ont le potentiel de tuer les cellules infectées.

« Il suffit de leur donner un coup de main en ajoutant une toute petite molécule, qui agit comme un ouvre-boîte, pour forcer l'enveloppe du virus à exposer certaines régions reconnues par les anticorps, qui font le pont avec certaines cellules du système immunitaire pour enclencher l'attaque. » — Andrés Finzi

À lire aussi :
Guérison naturelle d'hommes infectés par le VIH

VIH/sida : un traitement préventif diminue de 86 % le risque d'infection

Déjouer le virus

Plus tôt cette année, la même équipe de chercheurs a démontré que le sérum de patients infectés par le VIH-1 facilite l'élimination des cellules infectées, dans la mesure où deux protéines particulières du virus, Nef et Vpu, étaient inactivées par mutation génétique.

Or, dans la réalité, le virus sauvage VIH-1 possède toujours ces protéines, qui agissent un peu comme ses gardes du corps.

Comment les déjouer? En ajoutant à la surface des cellules des patients infectés une toute petite molécule - appelée JP-III-48 - qui imite une protéine appelée CD4. Cette protéine, située à la surface des cellules lymphocytes T, permet l'infection des cellules du système immunitaire par le VIH.

« Le virus doit se débarrasser des protéines CD4 pour se protéger. L'ajout de la petite molécule force l'enveloppe du virus à s'ouvrir, un peu comme une fleur. Les anticorps présents naturellement suite à l'infection peuvent alors cibler les cellules infectées afin qu'elles soient tuées par le système immunitaire. » — Jonathan Richard, postdoctorant

La molécule JP-III-48 a été mise au point par des chercheurs de Harvard et de l'Université de Pennsylvanie, et c'est la première fois qu'elle est testée avec succès sur des cellules de personnes infectées par le VIH.

Trouver un vaccin

Les scientifiques tentent de mettre au point un vaccin capable de bloquer l'infection par le VIH, qui cause le syndrome d'immunodéficience acquise, depuis les années 80. Les médicaments antirétroviraux réussissent à freiner la propagation du virus, mais il demeure toujours à l'état dormant dans les cellules et revient dès que cessent les traitements.
C'est ce que les chercheurs appellent les « réservoirs » du VIH.

L'objectif est donc de réactiver le réservoir du VIH pour faire sortir le virus de sa cachette, puis tuer les cellules infectées à l'aide de cette molécule et des anticorps déjà présents.

La découverte montréalaise pourrait permettre de créer un vaccin à deux composantes pour prévenir l'infection au VIH grâce à :

  • des anticorps qui sont faciles à générer
  • l'utilisation de cette nouvelle famille de molécules

Cette percée ouvre la voie au développement de stratégies pour éliminer les réservoirs viraux chez les individus déjà infectés. Prochaine étape : tester le potentiel de cet « ouvre-boîte moléculaire » chez le singe.

Les détails de ces travaux sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.

Le saviez-vous?

  • 7000 Québécois ont contracté le VIH depuis 10 ans.
  • Plus de la moitié d'entre eux sont homosexuels.
  • 25 % des séropositifs québécois ignorent qu'ils sont atteints de la maladie.

Ailleurs sur le web Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes.

Repost 0
Published by Radio-Canada
10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 13:32

À voir, un beau centre de ski de fond, dans la belle région de Lanaudière:

Forêt Ouareau - secteur du Massif - Parc régionaux MRC Matawinie

www.parcsregionaux.org

 

Repost 0
Published by Yuk - dans blogdeyuk
commenter cet article
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 13:04

Source: La Presse - Publié le 28 janvier 2015 à 08h45 | Mis à jour le 28 janvier 2015 à 08h45

 

  • La Sapinière a fermé ses portes fin 2013, après 77 ans d'activité.

    Photo Marco Campanozzi, La Presse

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Dans les années 70, tous les gens chic prenaient leurs vacances d'hiver dans les Laurentides. Aujourd'hui, les touristes qui vont dans le Nord y trouvent-ils encore leur compte?

 

«Les Laurentides, ça a commencé par être une région d'hiver. C'est le berceau du ski en Amérique du Nord», lance le chroniqueur de ski Guy Thibaudeau.

 

Dans les années 60 et 70, le coeur des Laurentides, la région de ski qui va de Saint-Sauveur à Mont-Tremblant, était l'endroit où il fallait être. Mont-Tremblant était une destination prisée bien avant l'arrivée d'Intrawest, rappelle Guy Thibaudeau, qui habite dans les Laurentides depuis 1980 et y skie depuis bien plus longtemps encore. Gray Rocks a commencé à offrir des cours et des forfaits, raconte le chroniqueur. Les gens venaient de l'est des États-Unis pour y passer la semaine.

 

Une période plus difficile 

Le centre de ski Gray Rocks a fermé ses portes en 2009. Il a été laissé à l'abandon, vandalisé, et il a finalement brûlé l'automne dernier.

 

D'autres institutions laurentiennes ont disparu récemment: L'Eau à la bouche, La Sapinière. Le Bistro à Champlain, qui vient de mettre la clé sous la porte. Certains grands hôtels vieillissent. Le Chanteclerc de Sainte-Adèle, autrefois fleuron de l'hôtellerie, aurait besoin de sérieuses rénovations pour correspondre aux goûts d'une clientèle qui a vu bien mieux ailleurs.

«Il n'y pas de relève pour ces établissements, pas de nouveaux investissements. Ces hôtels sont dépassés par les besoins des nouveaux clients, ils ne résistent pas à la concurrence et attirent peu de touristes étrangers.»

Michel Archambault
professeur émérite en tourisme à l'UQAM

Les observateurs qui regrettent la disparition de ces grands lodges emblématiques des Laurentides sont très nombreux. Diane Leblond, directrice générale de Tourisme Laurentides, ne fait pas partie du groupe. «C'est un phénomène de rationalisation et c'est normal, dit-elle. Il y a une mouvance, actuellement, mais ce n'est pas négatif. C'est un peu comme une sélection naturelle. L'idée n'est pas de faire revivre le passé, mais de regarder le présent. En ce moment, notre parc d'hébergement est à niveau.»

 

Diane Leblond précise que la moitié des hôtels des Laurentides sont classés 4 ou 5 étoiles. Comme dans toutes les régions du Québec, dit-elle, des établissements ne sont pas à la hauteur et d'autres ont fait des rénovations réussies et remarquées.

 

Une situation particulière 

Fait surprenant, le taux d'occupation des hôtels des Laurentides est nettement sous la moyenne provinciale. De 2009 à 2012, il n'a pas dépassé 40%, selon une étude réalisée par Desjardins sur la région administrative des Laurentides - qui comprend donc les Basses et les Hautes-Laurentides. En 2012, le taux d'occupation hôtelier était de 52,5% au Québec.

Comment expliquer que les hôtels aient si peu de clients?

 

D'abord, il ne manque pas d'option d'hébergement dans la région, explique Diane Leblond, qui estime que le mouvement de rationalisation devrait faire monter le taux d'occupation.

 

Ensuite, une importante partie des touristes qui visitent les Laurentides retourne coucher à la maison, à Laval ou à Montréal, après la journée de ski.

 

La région a aussi vécu durement la crise de 2008 - les touristes américains préfèrent depuis skier chez eux.

 

Enfin, plusieurs propriétaires louent leur chalet lorsqu'ils n'y sont pas, ce qui, du coup, enlève des clients aux aubergistes.

 

La 117 

Autre point sensible: il y a dans la région quelques exemples de planification urbaine plutôt... baroque. La route 117 en est un bon exemple. Les visiteurs qui l'empruntent pour la première fois sont surpris d'y trouver un boulevard sans charme ponctué de bâtiments à vendre.

 

«La 117 n'est vraiment pas un modèle de planification du paysage, tranche Michel Archambault, surtout de la porte d'entrée des Laurentides jusqu'à Sainte-Agathe. On a massacré le paysage, tout comme sur la 15-Nord, entre Laval et Saint-Jérôme, où se côtoient panneaux réclames géants et power centers sans âme.» Le professeur Archambault déplore également le manque de planification urbaine à l'entrée de certains villages et villes qui pourraient être davantage mis en valeur. «Sainte-Adèle, Sainte-Agathe et Saint-Donat ont des entrées de type boulevard des Laurentides qui heurtent le gros bon sens et confirment un manque de vision. On a minimisé l'importance d'un centre-ville avec de petits commerces sympathiques illustrant les produits régionaux. Les touristes recherchent l'authenticité, le bon goût et le charme de beaux villages. Le vieux village de Tremblant, Val-David et la rue principale de Saint-Jovite ont mieux réussi, à cet égard.»

 

Un retour aux sources  

Le coeur des Laurentides a heureusement des atouts qui compensent largement ses faiblesses. Les montagnes et les lacs attirent dans la région des millions de visiteurs chaque année; des entrepreneurs audacieux s'y installent. Ils sont artistes, artisans, aubergistes, restaurateurs. Ils sont revenus dans la région de leur enfance ou l'ont adoptée pour la qualité de vie qu'elle apporte.

 

Sébastien Houle a ouvert le restaurant sEb l'artisan il y a 10 ans, au coeur du village de Saint-Jovite. Il s'est rapidement taillé une enviable réputation dans les Laurentides. «Nous avons trois clientèles, dit-il: les locaux, qui viennent une ou deux fois par année pour se payer un bon repas, les villégiateurs de Montréal et d'Ottawa qui ont des chalets dans la grande région de Mont-Tremblant et les touristes qui viennent passer une semaine à l'hôtel. Ils viennent du Mexique, de l'Europe, des États-Unis, des Caraïbes...»

 

Selon le jeune chef, il se passe quelque chose actuellement, dans les Laurentides, du côté de la restauration. Et il était temps. «Dans les années 90, Normand Laprise a été une locomotive pour la gastronomie à Montréal, et Daniel Vézina, à Québec. Ça bougeait au Québec, mais le temps était figé dans les Laurentides. Ce qui se faisait ici n'était pas mauvais, précise Sébastien Houle, mais la clientèle avait vu mieux. Et lorsqu'elle venait dans le Nord, elle voulait qu'on lui serve des plats aussi intéressants que ce qui se faisait ailleurs.»

 

Les touristes étaient à la recherche de chefs qui ont de la personnalité. Maintenant, affirme Sébastien Houle, ils pourront en trouver dans les Laurentides. Notamment à Val-David, Sainte-Adèle...

Vive le plein air!

Pour attirer les touristes et les convaincre de rester plus longtemps dans la région, les Laurentides vont mettre de l'avant leur plus grande richesse: la nature. Dans son futur plan stratégique de développement, Tourisme Laurentides s'intéresse particulièrement aux visiteurs qui recherchent le grand air et qui aiment bouger.

 

Dans cette catégorie, l'un des grands succès des dernières années est l'Ironman de Mont-Tremblant, qui attire une clientèle plus jeune - tant les gens qui participent à l'épreuve que ceux qui viennent les encourager. Le tourisme d'aventure, été comme hiver, est très important, précise Diane Leblond, directrice générale de Tourisme Laurentides. Le cyclotourisme trois saisons est en progression. La région possède le plus grand parc linéaire du Canada, Le P'tit train du Nord, populaire été comme hiver. Tourisme Laurentides s'est aussi donné le défi d'allonger les saisons touristiques ainsi que de mettre en valeur et de protéger le paysage.

Partager
 
Repost 0
Published by La Presse
commenter cet article
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 12:59

Source: La Presse - Publié le 25 janvier 2015 à 07h00 | Mis à jour le 25 janvier 2015 à 07h00

Peu de Canadiens le savent, mais le Canada... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

Peu de Canadiens le savent, mais le Canada est un grand exportateur d'armes.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Ma Presse

<p>Nicolas Bérubé</p>
Nicolas Bérubé
La Presse

Le saviez-vous? Le Canada est un grand exportateur d'équipement militaire, et des dictatures répressives, dont l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn, comptent parmi les clients jugés «prioritaires» par Ottawa. Les contribuables paient même la représentation des entreprises d'armement canadiennes à l'étranger. Un sujet rarement abordé par le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

Les Émirats arabes unis n'ont jamais connu d'élections: former un parti politique y est interdit. Les exécutions par décapitation, la lapidation et les flagellations y sont fréquentes. Le pays applique la charia, ou loi islamique: l'homosexualité, l'adultère et l'apostasie (renoncement à l'islam) font partie des offenses punies par la peine de mort.

C'est pourtant à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, que les plus importants acteurs de l'industrie canadienne de l'armement iront, dans un mois, vendre leurs toutes dernières armes et leurs technologies.

Ils prendront part à IDEX 2015, le «plus important salon stratégique de défense au monde». Et les contribuables canadiens paieront une partie de la facture.

«Le gouvernement fédéral louera un espace où seront présentés les tout derniers équipements militaires des entreprises canadiennes, explique Ken Epps, chargé de programme à Project Ploughshares, une association qui enquête sur l'industrie canadienne de l'armement. L'argent des contribuables canadiens sert régulièrement à donner ce genre de visibilité dans les salons d'armement.»

Peu de Canadiens le savent, mais le Canada est un grand exportateur d'armes: sur le plan mondial, le Canada est le 15e exportateur d'armes en importance pour la période 2009-2013, selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

Plus précisément, le Canada est très actif dans les marchés dits «en émergence»: entre 2004 et 2011, les sociétés d'armement canadiennes ont vendu 8,29 milliards de dollars en armes aux pays en voie de développement, occupant le 9rang mondial de ce marché, selon un rapport d'un comité spécial du Congrès américain.

Pour Ken Epps, ce rang élevé n'est pas le fruit du hasard. Selon lui, il témoigne du côté persuasif de l'industrie canadienne de l'armement et d'un virage vers ces marchés émergents.

«L'impression que le Canada donne à l'étranger, c'est: tout est sur la table, dit-il en entrevue. On envoie le message que nous sommes essentiellement prêts à vendre du matériel militaire à n'importe quel gouvernement.»

L'Arabie saoudite

En 2014, une société de la Couronne, la Corporation commerciale canadienne (CCC), a signé une entente avec l'Arabie saoudite pour la vente de véhicules blindés légers (light armoured vehicle ou LAV en anglais) évaluée à 15 milliards de dollars sur 14 ans, le plus grand contrat dans le domaine des produits militaires jamais signé par le Canada.

Semblables à ceux utilisés par l'armée canadienne en Afghanistan, les LAV seront fabriqués par la société General Dynamics Land Systems à London, en Ontario.

Les modalités de l'entente sont largement secrètes: le nombre de véhicules militaires vendus, le type d'armes incluses de même que la nature des services techniques fournis par General Dynamics ne sont pas publics.

Aude Fleurant, directrice du programme de dépenses militaires du SIPRI, à Stockholm, note que le Canada n'enfreint aucune loi en vendant de l'équipement militaire à des régimes répressifs.

«Tous les pays exportateurs d'armes convoitent ces marchés, pour la simple raison qu'ils vivent une croissance extrêmement rapide», dit-elle en entrevue.

En 2012, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a déclaré à Washington: «Nous ne pouvons pas être sélectifs dans les droits de la personne que nous défendons, pas plus que nous ne pouvons choisir de protéger les droits de certaines personnes et pas ceux des autres.»

L'année suivante, le gouvernement canadien a annoncé avoir placé les intérêts économiques au coeur de ses priorités pour la politique extérieure du pays. Dans un document intitulé «Canada First», le ministère des Travaux publics note que les marchés les plus prometteurs pour l'industrie de l'armement sont le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est et l'Amérique du Sud. «Ils représentent une opportunité majeure dans des domaines où les sociétés de défense canadiennes possèdent une expertise reconnue», a noté le ministère.

Le ministère des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada a refusé notre demande d'entrevue.

Son porte-parole, François Lasalle, nous a dit, par courriel: «Le système de contrôle des exportations du Canada est un des plus rigoureux au monde et comporte des règles pour assurer que tout produit ou technologie exporté n'est pas utilisé contre les civils. [...] Le contrat de vente d'armes à l'Arabie saoudite est le plus grand jamais obtenu par le Canada. [Il] va créer et maintenir plus de 3000 emplois directs dans le secteur de la fabrication de pointe dans le sud-ouest de l'Ontario [...] et bénéficier à plus de 500 sous-traitants à travers le pays.»

À ce jour, le gouvernement canadien refuse de dire s'il a reçu l'assurance de l'Arabie saoudite que les véhicules blindés de General Dynamics ne seront pas utilisés contre la population saoudienne.

Bilan flou

Pour Ken Epps, il est difficile d'avoir une image claire du type d'équipement vendu par les firmes canadiennes.

«Les détails divulgués par le gouvernement fédéral sont moins précis que par les années passées, dit-il. La réponse que le gouvernement nous donne tout le temps, c'est que la confidentialité des contrats leur interdit de donner des informations. Ça devient vite très pratique pour le gouvernement, qui n'a pas à s'étendre sur ce genre de sujet.»

Mme Fleurant note qu'il est aussi difficile de savoir comment les armes seront utilisées. Les pays du golfe Persique, par exemple, sont dirigés par des régimes reconnus pour être répressifs et la région est instable, rappelle-t-elle.

«Est-ce que l'équipement militaire canadien sera utilisé pour faire de la répression? Est-ce qu'il ne sera pas utilisé pour cela? Impossible de trancher avec certitude. Et il ne faut pas oublier l'équipement de surveillance, acheté massivement par les pays du Golfe dans la foulée du Printemps arabe. Ces régimes craignent l'instabilité, craignent la remise en cause de leurs pouvoirs.»

La vente de milliards de dollars en armes à des régimes dictatoriaux aurait aussi un autre effet: celui d'entraîner une baisse des critiques formulées à l'endroit des pays acheteurs.

Alors que les décapitations de prisonniers orchestrées par le groupe armé État islamique sont condamnées sans appel par les dignitaires occidentaux, dont le ministre Baird, les décapitations menées par l'Arabie saoudite, un pays sans code pénal qui a tué 87 personnes de cette façon en 2014, ont été largement ignorées.

Pour Andrew Smith, porte-parole de l'organisation Campaign Against Arms Trade, basée à Londres, au Royaume-Uni, c'est une conséquence inévitable d'un partenariat économique lucratif.

«Quand un pays vend des milliards de dollars en armes à un régime dictatorial, il devient beaucoup moins enclin à le dénoncer, dit-il en entrevue. Ça vient, en quelque sorte, avec le contrat.»

La question de la vente d'armes à des régimes dictatoriaux est surtout une question politique, note Aude Fleurant, du SIPRI: la volonté de restreindre la vente d'armes à des régimes répressifs n'existe tout simplement pas au sein des gouvernements occidentaux.

«Pourquoi c'est permis? C'est permis parce que la pression du public n'est pas là. C'est aux intellectuels, à la société civile, aux groupes de pression de dire: le Canada ne doit pas exporter d'armes à l'Arabie saoudite parce que c'est un régime répressif. Ce n'est pas le gouvernement qui va prendre l'initiative, parce que les intérêts derrière ces ventes-là sont énormes.»

Vente interdite

Au Canada, les exportations d'armes sont soumises à la Loi sur les licences d'exportation et d'importation (LLEI). Cette loi interdit l'exportation d'équipements militaires à des pays «dont le gouvernement a une fiche de route de violations sérieuses des droits humains de ses citoyens, à moins qu'il puisse être démontré qu'il n'y existe pas de risque raisonnable de voir l'équipement être utilisé contre la population civile.» Dix-huit pays sont ciblés par la loi, dont la Corée du Nord et l'Iran.

Plus importants acheteurs étrangers d'équipement militaire canadien

(2012-2013) 

1. États-Unis

1,2 milliard (estimé)

2. Royaume-Uni

192 125 657 $

3. Autriche

109 308 082 $

Sources: ministère des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada

Principaux vendeurs d'armes aux pays en développement

(2004 à 2011) 

En millions de dollars canadiens

1. États-Unis

126 000

2. Russie

60 241

3. Royaume-Uni

30 560

4. Allemagne

24 970

5. Chine

24 970

6. Israël

13 170

7. France

9560

8. Italie

8450

9. Canada

8290

10. Ukraine

6960

Source: gouvernement américain

En 2012-2013, les ventes de matériel militaire à... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE) - image 5.0

Agrandir

En 2012-2013, les ventes de matériel militaire à l'Égypte ont totalisé plus de 7 millions.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Un indice trompeur

Quand il présente les données sur la vente d'armes à l'étranger, le ministère des Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada utilise l'Indice de développement humain (IDH) pour évaluer les pays qui achètent des armes canadiennes. Selon cet indice, plus de 90 % des ventes d'armes en 2012-2013 (les données les plus récentes) vont à des pays dont l'indice IDH est «très élevé». Or, l'indice ne tient pas compte des droits de la personne et des libertés individuelles. Ainsi, l'IDH de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis est dans la même catégorie que celui du Canada, des États-Unis ou des pays d'Europe occidentale. Ken Epps, chargé de programme à Project Ploughshares, qui enquête sur les ventes d'armes canadiennes à l'étranger, trouve que l'utilisation de cet indice brouille le tableau. «C'est commode d'utiliser l'IDH pour présenter un beau portrait de la vente d'armes. Si le gouvernement montrait les mêmes données, mais en utilisant un indice sur les droits de la personne, le résultat serait très différent.» Nous avons demandé à Anne Sainte-Marie, porte-parole d'Amnistie internationale, de faire la liste des violations des droits de l'homme de certains des pays à qui le Canada vend de l'équipement militaire sur une base régulière.

Algérie (1 493 907 $ en ventes militaires en 2012-2013)

- Violences sexuelles envers les femmes, l'État ne les protégeant pas suffisamment.

- Restrictions imposées aux ONG qui défendent les droits de la personne.

- Limite à la liberté d'expression (surtout avant les élections présidentielles de 2014).

- Manifestations réprimées dans la violence.

- Impunité accordée à des personnes ayant commis des crimes contre l'humanité  (torture, exécutions).

- Peine de mort.

Bahreïn (3 467 620 $ en ventes militaires en 2012-2013)

- Persécution des militants de droits de la personne, emprisonnement pour des actes liés à la liberté d'expression (déchirer une photo du roi, publier sur internet des propose jugés offensants, manifester durant le Grand Prix annuel).

- Refus de coopérer avec le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture  et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

- Usage répandu de la torture.

- Recours à la peine de mort après des procès inéquitables.

Égypte (7 256 719 $ en ventes militaires en 2012-2013)

- Répression des manifestations pro-Frères musulmans.

- Violences sexuelles contre les femmes.

- Prisonniers d'opinion, journalistes emprisonnés.

- Système de justice défaillant.

- Torture, détention arbitraire, peine de mort.

Émirats arabes unis (281 154 930 $ en ventes militaires en 2012-2013)

- Répression de la dissidence, arrestations arbitraires, torture, emprisonnement.

- Système de justice défaillant.

- Peine de mort pour des crimes non violents.

Arabie saoudite (575 071 099 $ en ventes militaires en 2012-2013, 15 milliards annoncés en 2014)

- Répression de la liberté d'expression, citoyens harcelés, emprisonnés,  torturés (ex.: Raif Badawi).

- Non-respect des droits des femmes.

- Peine de mort, même pour les mineurs, après des aveux arrachés sous la torture,  étrangers surreprésentés parmi les condamnés.

- Non-respect de la liberté d'association.

Repost 0
Published by La Presse
commenter cet article
15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 13:05
BOUCAR DIOUF

Consommateur cherche bonheur d’occasion

Consommateur cherche bonheur d’occasion

Nous transportons des héritages de notre lente évolution qui, très bénéfiques autrefois, nous prédisposent aujourd’hui au malheur. De ces legs biologiques qui ont permis à nos ancêtres lointains de survivre dans des environnements hostiles, il y a entre autres la peur, le stress, l’anxiété et ce visage à deux faces qui s’appelle l’insatisfaction. Cette brillante vision évolutionniste de notre prédisposition à la morosité existentielle est d’un professeur de psychologie américain nommée Michael Wiederman.

L’insatisfaction a poussé nos ancêtres lointains à se gratter continuellement le coco. Quand ils construisaient une hutte, ils rêvaient déjà le lendemain d’une case plus fonctionnelle et à toutes ces petites découvertes qui nous ont amenés aujourd’hui à vivre dans ces maisons sophistiquées qu’on cherche encore à améliorer. Le même patrimoine biologique expliquerait qu’encore aujourd’hui, la nouvelle Mercedes nous procure une dose de bien-être jusqu’à ce que notre corps craque devant un autre bolide plus prestigieux.

Une maison plus grande, une célébrité ou de l’argent à jeter par les fenêtres, prenez tout ce que voulez comme symbole de réussite sociale, et le corps semble programmé pour le banaliser un jour et rêver de nouveautés. Un constat qui semble donner raison à ma grand-mère qui pensait que même si l’argent est bien important dans notre vie, le bonheur acheté est souvent aussi volatile qu’un pet de lièvre dans une savane ouverte. C’est peut-être aussi pour cette raison que Boris Cyrulnik trouve plus réaliste de chercher une bonne heure que le bonheur ?

Cette recherche constante de nouveautés serait en partie responsable du développement considérable de nos capacités cognitives.

Mais ce qui était hier un avantage pour nos ancêtres est devenu un boulet dans nos sociétés de consommation.

Comment, en effet accéder à la satisfaction quand, à peine les clés du bungalow tant désiré dans la poche, notre être qui a soif de changement pense déjà à des rénovations, de nouveaux meubles, une piscine ou une deuxième résidence ? Si 1 % de la population mondiale a réussi à mettre la main sur 50 % des richesses sans être rassasiée, c’est parce qu’il est fréquent de chercher le bonheur sans le trouver, de le trouver sans le reconnaître et de le reconnaître sans être capable de le retenir.

Comme si l’insatisfaction n’était pas déjà un obstacle majeur, nous hébergeons une autre « fatalité » favorisant le mal-être. Dans notre physiologie, les circuits moléculaires du plaisir et de la satisfaction sont souvent couplés à ceux du manque et de la douleur. Autrement dit, bien des expériences plaisantes cachent des calvaires à venir. Tous les anciens adeptes de drogues ou de bonnes cuites vous confirmeront par exemple que le prix à payer au sevrage est trop douloureux pour le plaisir de souvent lever le coude ou de se geler la face. Même tomber amoureux peut se transformer en enfer quand la privation de l’autre se pointe sans avertir.

Jules Renard avait probablement raison, lui qui racontait que si on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce en serait la salle d’attente. Heureusement, ce grand parloir où nous l’attendons tous est aussi rempli d’outils plus ou moins efficaces pour amoindrir la souffrance humaine : la spiritualité, la solidarité, la simplicité volontaire et la sagesse des anciens, dont celle de ma grand-mère que j’aime bien partager.

Lorsqu’un bébé venait au monde dans mon village, plus que la richesse et le succès, ma grand-mère lui souhaitait de la santé et de la compassion pour ses semblables. Le bonheur, disait-elle à quiconque voulait saisir le sens de son souhait, arrive par la famille, les amis et les autres auxquels on tend la main pour partager des avoirs, des joies et des larmes.

Repost 0
Published by Yuk
commenter cet article
25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:41

Publié dans La Presse  le 25 mai 2014 à 10h58 | Mis à jour à 10h58

Un ver marin aux pouvoirs miraculeux pour la médecine

De ce ver marin, mesurant habituellement entre 10... (PHOTO FRED TANNEAU, AFP)

Agrandir

De ce ver marin, mesurant habituellement entre 10 et 15 cm, on en connaît surtout les petits tortillons visibles sur les plages du littoral Atlantique européen. De couleur rouge-orangé, il est très prisé des pêcheurs, car il constitue un appât de choix.

PHOTO FRED TANNEAU, AFP

Ma Presse

Sandra FERRER
Agence France-Presse

Le sang d'un simple ver marin pourrait bientôt révolutionner la médecine, grâce à son pouvoir oxygénant et à sa compatibilité avec tous les groupes sanguins, une découverte fortuite développée par une jeune société bretonne, Hemarina.

 

«J'ai identifié une molécule qui est un transporteur d'oxygène universel et qui pourrait ainsi être transfusée à tous les groupes sanguins», explique le Dr Franck Zal, l'un des fondateurs de la société implantée à Morlaix, dans le Finistère, premier département français dans le secteur des biotechnologies marines.

 

«Cette molécule est issue d'un ver marin, l'arénicole», poursuit le Dr Zal, en montrant un spécimen d'aspect plutôt repoussant, enfermé dans un tube à essai.

 

Un ver dont l'hémoglobine - molécule présente dans les globules rouges et qui a pour rôle de transporter l'oxygène dans le corps - est capable d'acheminer cinquante fois plus d'oxygène que l'hémoglobine humaine. Contrairement à cette dernière, enfermée dans des globules rouges, celle de l'arénicole est extracellulaire.

 

De ce ver marin, mesurant habituellement entre 10 et 15 cm, on en connaît surtout les petits tortillons visibles sur les plages du littoral Atlantique européen. De couleur rouge-orangé, il est très prisé des pêcheurs, car il constitue un appât de choix.

 

C'est en 2002 que le Dr Franck Zal, alors chercheur au CNRS, découvre, en tentant de comprendre comment le ver parvient à respirer entre la marée haute et la marée basse, ses étonnants pouvoirs. En 2007, il abandonne la recherche fondamentale et crée la start-up Hemarina, qui emploie aujourd'hui une trentaine de personnes, a déposé pas moins de 18 brevets internationaux et levé un total de 15 millions d'euros.

 

Depuis, le Dr Zal et son équipe s'emploient à développer différents produits thérapeutiques et industriels.

Des produits, très élaborés, destinés notamment à la préservation d'organes. «L'hémoglobine de ce ver permet d'oxygéner le greffon et donc de réduire considérablement les risques de rejet de greffe», assure l'entrepreneur de 47 ans, dont les résultats ont été publiés dans de nombreuses revues scientifiques. «L'organe est conservé dans un état physiologique proche de l'organisme du donneur», assure-t-il.

 

Pansements thérapeutiques

«Pour toute la communauté de la transplantation c'est un énorme espoir parce que c'est la première fois depuis très longtemps qu'on a peut-être une possibilité d'améliorer la conservation et la préservation des greffons», s'enthousiasme le Pr Yannick Le Meur, chef du service néphrologie à l'hôpital de la Cavale Blanche à Brest et responsable de l'essai clinique portant sur une soixantaine de patients qui aura lieu à la fin de l'année dans six centres hospitaliers en France.

 

Actuellement élevés aux Pays-Bas, les vers utilisés pour la production industrielle de ce produit baptisé HEMO2Life, le seront prochainement dans une ferme de Noirmoutier (Vendée), avec à la clé la création de plusieurs dizaines d'emplois.

Mais l'hémoglobine  de l'arénicole permet aussi d'imaginer des pansements thérapeutiques capables de soigner des plaies chroniques, comme des ulcères du pied diabétique ou des escarres, grâce à un apport ciblé d'oxygène. «L'utilité de ce pansement est grande pour la médecine, car il y a, rien qu'en France, plus de 350 000 plaies chroniques par an en attente d'un traitement réellement efficace», explique le Dr Zal.

 

Autre application, développée avec la marine américaine cette fois-ci : la lutte contre les pathologies d'anémie aiguë ou les syndromes hémorragiques lors de chocs traumatiques.

 

«La Navy voudrait avoir des doses d'hémoglobine en poudre, pouvant être reconditionnées et injectées directement sur des militaires blessés sur des champs de bataille», explique le Dr Zal, qui souligne qu'il manque 100 millions de litres de sang par an pour satisfaire les besoins de la population mondiale.

 

Actuellement, les seuls produits comparables, issus d'hémoglobine humaine ou bovine modifiée chimiquement, ont des effets secondaires importants.

 

«On pourrait pallier ce manque avec un produit sur étagère, lyophilisé et pouvant être transfusé sans problème de typage sanguin», assure-t-il, à propos du substitut sanguin développé dans ses laboratoires.

Repost 0
Published by La Presse
commenter cet article
22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 13:45

Ma Presse

Ajouter à Ma Presse

Publié le 22 mai 2014 à 07h00 | Mis à jour à 07h00

À Mexico, les cyclistes masculins sont quatre fois... (PHOTO BERNARDO MONTOYA, ARCHIVES REUTERS)

À Mexico, les cyclistes masculins sont quatre fois plus nombreux que les femmes à vélo.

PHOTO BERNARDO MONTOYA, ARCHIVES REUTERS

Emmanuelle Steels

collaboration spéciale

La Presse

Dans la capitale des embouteillages, le vélo s'impose désormais comme un moyen de transport quotidien. Les femmes ne sont néanmoins qu'une petite minorité parmi les cyclistes. Bravant la peur, un nombre croissant d'entre elles apprenent à pédaler.

 

Silvia Juárez n'était jamais montée sur un vélo de sa vie... avant aujourd'hui. «Mes parents ne m'ont pas appris, ils n'avaient pas le temps», explique cette trentenaire, alors qu'elle tente de donner son premier coup de pédale.

 

Elle ne prête guère attention aux centaines de cyclistes qui roulent à vive allure à quelques mètres d'elle sur l'avenue Reforma, la grande artère de Mexico fermée tous les dimanches matin à la circulation automobile et livrée aux vélos. «Quand je vois les autres, ça a l'air simple. Mais c'est loin de l'être», dit-elle en cherchant l'équilibre. De centimètre en centimètre, la distance qu'elle parcourt sans poser le pied à terre s'allonge au fil de la matinée.

 

Silvia fait partie de ces milliers de femmes mexicaines qui ont décidé de dépasser leur peur et d'enfourcher le vélo. Laura Bustos Endoqui, une jeune cyclo-militante qui donne des cours gratuitement depuis deux ans à ces femmes, y voit aussi un acte de libération. «On considère que les femmes sont fragiles, qu'elles ne peuvent pas faire certaines choses. Nous voulons les aider à surmonter ces préjugés sexistes grâce au vélo.»

 

À Mexico, les cyclistes masculins sont quatre fois plus nombreux que les femmes à vélo. «Le vélo m'a rendue plus indépendante», explique Laura, qui considère que le boom du vélo «ne va pas s'arrêter».

 

Le dimanche à Mexico, c'est «tous en selle». Des flots de cyclistes de tous âges, des familles entières, qui viennent parfois de quartiers éloignés, se lancent à l'assaut de l'avenue Reforma. Depuis 2007, la mairie organise cette «promenade dominicale», un acte festif, mais aussi politique, d'occupation de la ville par le vélo.

 

En 2010 on a lancé le programme de prêt public de vélos Ecobici. L'an dernier, le nombre d'usagers, qui s'acquittent d'un abonnement annuel de 400 pesos (33$), est passé du simple au double. Le vélo ne sert plus seulement aux balades récréatives.

 

Prochainement, le réseau de pistes cyclables sera étendu du centre vers le sud de la ville. «Nous voulons montrer aux habitants qu'il s'agit d'un moyen de transport viable, pour améliorer la mobilité et décourager l'usage de la voiture», explique Ruth Meza, responsable des programmes de promotion de la bicyclette à la mairie de Mexico. Quelque 75% des cyclistes aimeraient faire du vélo leur moyen de transport principal, mais ils renoncent à cause des longues distances et des dangers.

 

Une course d'obstacles

Mélanie Lehoux, professeure de français qui effectue jusqu'à 25 km par jour pour se rendre à ses cours, décrit son «parcours d'obstacles» quotidien à Mexico: «Les multiples trous dans la chaussée, les déchets au sol, les fils électriques qui pendent, les inondations fréquentes.»

 

Elle dit comprendre la peur des apprentis cyclistes. «Le pire, c'est l'absence d'éducation routière. Les voitures considèrent que c'est leur espace.» Devant cette hostilité, Mélanie a le projet de confectionner de grandes ailes d'ange ornées de bandes réfléchissantes qui, accrochées sur son dos, obligeront les voitures à respecter la distance réglementaire de 1,5 m. «Je veux interpeller visuellement les automobilistes», explique-t-elle.

 

Sur Reforma, la statue de l'Ange de l'Indépendance, qui inspire le logo de la ville, symbole protecteur pour ses habitants, représente justement une femme. Un ange à vélo pour faire prendre conscience qu'il faut partager la ville?

80%

La proportion d'hommes parmi les cyclistes à Mexico, selon une étude de l'Institut des politiques pour le transport et le développement (ITDP), un organisme privé présent dans plusieurs pays du monde.

Repost 0
Published by La Presse
commenter cet article
12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 14:58

La Pesse - Publié le 11 mai 2014 à 06h00 | Mis à jour le 11 mai 2014 à 06h00

Les favelas qui encerclent le stade Maracanã, l'un... (Photo Sergio Moraes, archives Reuters)

 

Les favelas qui encerclent le stade Maracanã, l'un des plus grands du monde, ont eu la vie dure à l'approche de la Coupe du monde, qui sera disputée à Rio de Janeiro en juillet.

Pho


Serge Boire

Collaboration spéciale

(Cosmos et Rio de Janeiro) L'insatisfaction est grande au Brésil, à un mois du match d'ouverture de la Coupe du monde de soccer. Expropriations forcées, violations des droits de la personne et gaspillage de fonds publics : les Brésiliens ne digèrent pas que l'État ait pigé 15 milliards de dollars dans ses coffres sans avoir amélioré les systèmes de santé et d'éducation. Des milliers entendent faire dérailler la fête de soccer en descendant de nouveau dans la rue, comme ils l'ont fait par millions en juin 2013.

 

Installée bien confortablement dans son nouveau condo de la ville de Cosmos, en banlieue de Rio, Sandra Maria da Silva se rappelle avec angoisse le moment où des fonctionnaires municipaux se sont présentés chez elle, il y a quatre ans.

 

Employée comme aide domestique d'une famille aisée de Rio, cette Brésilienne vivait auparavant dans la favela do Metrô, située à deux minutes à pied de la résidence de sa patronne, et à deux jets de pierre du stade Maracanã où se tiendra la finale de la Coupe du monde de soccer.

 

Un bon matin de juillet 2010, des fonctionnaires de la Ville de Rio se sont présentés chez elle pour lui annoncer qu'elle était expropriée. La Ville disait avoir besoin des terrains de la petite favela de 350 familles pour doter le stade d'un stationnement.

 

«On a sonné à ma porte à 5h du matin pour m'annoncer ça! se souvient-elle, toujours incrédule. Ils m'ont dit que j'avais sept jours pour quitter les lieux! Ça m'a vraiment stressée. C'était court, comme délai!»

«Ensuite, ils ont pris une cannette de peinture en aérosol et ils ont marqué ma maison des lettres SMH [secrétariat municipal de l'Habitation]. Puis, ils m'ont dit que j'avais deux options: ou j'acceptais un condo de deux chambres à coucher dans la ville de Cosmos à 65 km de mon travail, ou alors, je me retrouvais dans un abri temporaire des services sociaux.»

 

Selon Amnistie internationale et certaines ONG, plusieurs des 12 villes hôtes du Mondial ont été le théâtre de cas bien pires au cours des dernières années.

 

Intimidation, menaces, indemnisations dérisoires et abus de la naïveté des plus pauvres étaient des pratiques courantes au Brésil pendant la phase de construction des stades de la Coupe du monde, relate le sociologue Juca Kfouri.

 

«On a vu plusieurs cas de pratiques fascistes de la part des autorités qui rappellent les pratiques nazies de marquage des maisons de Juifs. Au Brésil, à maintes reprises, des maisons ont été marquées du sigle du secrétariat de l'Habitation le jour de la visite des autorités et ont été démolies le lendemain», déplore-t-il.

La loi brésilienne est pourtant claire sur les règles qui encadrent les expropriations. Outre la remise d'un préavis raisonnable et le droit à un logement convenable de remplacement, la législation stipule que les expropriés doivent être relogés à moins de 7 km de leur ancienne maison.

 

Sandra Maria da Silva ignorait la loi. Elle a accepté le condo offert à Cosmos, de peur de se retrouver dans un abri des services sociaux. C'est également ce qu'ont fait la plupart des 2000 personnes qui vivaient dans la favela, à l'exception d'une vingtaine de familles qui ont refusé de partir. Au cours des semaines qui ont suivi, les béliers mécaniques ont envahi les lieux et se sont mis à démolir toutes les maisons de ceux qui avaient accepté l'offre de la Ville. Les sociétés d'électricité, de gaz et d'eau courante ont coupé les services, en laissant dans des conditions inhumaines ceux qui réclamaient qu'on applique la loi.

 

Eomar Freitas a passé trois ans au milieu des décombres des maisons de ses voisins infestées de rats, avant de finir par faire plier les autorités. La Ville de Rio a ajouté des tours d'habitations à un complexe existant à quelques rues de son ancienne maison, où il a finalement accepté de déménager.

«J'ai eu gain de cause, mais ç'a été un enfer pendant trois ans, dit-il en rageant. Oui, je suis plus à l'aise qu'avant dans ce nouveau condo, mais ça me coûte presque le double en dépenses mensuelles avec les foutues charges de copropriété.»

 

Entraves aux droits

L'an dernier, le regroupement national des comités populaires de la Coupe, une ONG qui est établie dans les 12 villes hôtes du Mondial, a affirmé dans un rapport présenté au Conseil des droits de l'homme de l'ONU que 250 000 Brésiliens ont été expropriés pour la tenue du Mondial et des Jeux olympiques de 2016. Des centaines de cas d'entraves aux droits de la personne ont été rapportés dans le processus d'expropriation.

 

La Brésilienne Raquel Rolnik, rapporteuse spéciale de l'ONU pour le droit à un logement convenable, a fait plusieurs sorties critiques envers les autorités de son pays, au cours des dernières années. Mais les autorités municipales des 12 villes hôtes continuent à nier avoir agi de façon cavalière et inhumaine. Elles refusent aussi de rendre public le nombre exact de personnes au pays qui ont dû être déplacées pour la tenue de l'évènement.

«Je ne sais pas comment on appelle ça au Canada, dit Juca Kfouri, mais ici, au Brésil, ça s'appelle jouer à l'autruche.»

 

À un mois du match d'ouverture de la Coupe du monde, ce qui choque le plus Eomar Freitas et Sandra Maria da Silva, c'est que le fameux stationnement du stade Maracanã n'est toujours pas construit. L'endroit est un amas de débris au travers desquels une vingtaine de commerces, dont celui d'Eomar, continuent leurs activités. Plusieurs de ces commerçants de la rue São Francisco Xavier grommèlent sous le couvert de l'anonymat. Ils sont convaincus qu'il n'y aura jamais de stationnement près du stade. La plupart pensent que c'était une façon de se débarrasser d'une favela, afin d'offrir les terrains à la spéculation immobilière.

«Ils ont dépensé le double sur la rénovation du stade, cette oeuvre de Picasso, ironise Eomar Freitas. Maintenant, ils n'ont plus d'argent pour le stationnement. Et nous, au final, on a perdu notre favela et je me retrouve avec un commerce au milieu d'un champ de débris avec une clientèle qui a baissé de 95%. Comment je fais, maintenant, pour payer les comptes qui viennent avec votre condo, monsieur le maire?»

 

Avec le recul, Sandra Maria da Silva se dit qu'elle aurait peut-être dû faire comme Eomar Freitas et refuser de déménager à 65 km de son travail. Les deux heures par jour de train pour se rendre à la résidence de sa patronne ont eu raison de son emploi.

«Ma maison actuelle est bien plus belle, c'est certain. Je suis plus à l'aise et je me sens beaucoup plus en sécurité ici, dans ce complexe d'habitation. C'est la distance, le problème. Si je peux réussir à trouver un nouveau travail ici, à Cosmos, je vais peut-être pouvoir enfin tourner la page.»

Une Brésilienne passe en vélo devant un graffiti... (Photo Sergio Moraes, archives Reuters) - image 2.0

Une Brésilienne passe en vélo devant un graffiti contestataire où apparaissent, cigare à la main, la mascotte officielle de la Coupe du monde 2014, Fuleco, et l'ancien joueur brésilien Ronaldo.

Photo Sergio Moraes, archives Reuters

 

Une «Coupe du peuple» s'organise

Au beau milieu d'un grand terrain abandonné de la banlieue est de São Paulo, Jonatas Freire attache des bâches de plastique entre les poteaux de fortune qu'il vient de planter dans le sol, en guise de toit pour sa nouvelle maison. Ce père de trois enfants vit depuis deux ans avec sa femme, ses enfants et ses deux frères dans l'appartement de sa mère, non loin du stade où se tiendra le match d'ouverture de la Coupe du monde.

«Nous sommes neuf personnes dans la maison de ma mère qui n'a que deux chambres à coucher. Nous sommes empilés depuis des années parce que mon salaire de misère ne suffit plus pour payer la hausse du loyer engendrée par la Coupe du monde», soupire-t-il.

 

Avec la construction du stade dans le quartier modeste d'Itaquerão, le prix des appartements a doublé et parfois même triplé. Des milliers de familles pauvres ont été forcées de retourner vivre chez leurs parents ou de s'entasser à deux ou trois familles dans un seul logement pour payer les mensualités. Vendredi dernier, plus de 5000 personnes armées de piquets et de bâches de fortune ont pris d'assaut un terrain vacant situé à trois kilomètres du nouveau stade pour créer ce qu'elles appellent la «Coupe du peuple».

Elles entendent occuper le terrain tant et aussi longtemps que les autorités refuseront d'y construire des logements sociaux.

«Le gouvernement nous casse les oreilles en répétant que les 15 milliards investis pour la Coupe du monde sont un legs pour le Brésil. Un legs? Pour tout le monde ici, le vrai legs du Mondial, c'est d'être maintenant sans abri!», rage le coordonnateur du Mouvement des sans-toit, Zezito Alves da Silva.

 

La hantise des manifestations

En juin 2013, lors de la Coupe des Confédérations, des milliers de Brésiliens sont descendus dans la rue pour protester, à l'origine, contre une augmentation de 20 centimes du titre de transport à São Paulo. Le mouvement, étiqueté «manifestations des 20 centimes», a embrasé le pays et s'est rapidement transformé en un ras-le-bol face aux milliards dépensés pour la Coupe du monde alors que le pays n'a toujours pas de systèmes de santé, d'éducation et de transports de qualité.

 

Au plus fort des manifestations, un million de personnes ont défilé dans les rues de 80 villes du Brésil. Presque tous les soirs, les manifestations pacifiques ont tourné en saccage de banques, de commerces et de biens publics, saccage la plupart du temps amorcé par des membres du Black Bloc. Les policiers militaires, mal formés aux protestations de rue, ont souvent répliqué de façon disproportionnée en aspergeant les foules de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

 

Traumatisée par la fronde sociale survenue lors de la Coupe des Confédérations en juin dernier et inquiète de la grogne qui mijote un peu partout au pays, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a débloqué un milliard de dollars pour assurer la sécurité durant le Mondial.

Quelque 170 000 militaires, policiers et agents de sécurité privés seront déployés dans les 12 villes hôtes de l'événement.

 

«Le gouvernement craint des manifestations? Eh bien je peux lui dire que pour nous, c'est déjà commencé ici, dit Valdirene de Oliveira Cardoso. Et s'il faut encercler le stade lors du match d'ouverture et durant toute la durée de la compétition, nous allons le faire, je vous le garantis», lance-t-elle en brassant les fèves noires qui cuisent sur un feu de camp.

 

Un sondage réalisé en février par la firme brésilienne DataFolha révèle que seulement 48% des Brésiliens appuient maintenant la tenue de la Coupe du monde, en raison des milliards engouffrés dans cette aventure. Une chute dramatique par rapport à la fin de 2008: un coup de sonde similaire avait révélé que 79% de la population voyait la compétition mondiale d'un oeil positif pour l'avancement du pays.

«Cette Coupe du monde, ce n'est pas pour nous. Le gouvernement a mis tout l'argent dans les stades et dans certaines infrastructures. Nos loyers ont doublé, nos salaires n'ont pas suivi la courbe et nos politiciens s'en foutent», dit Mme de Oliveira Cardoso.

 

Une nouvelle loi sévère

Devant tant d'insatisfaction, le Congrès et le Sénat brésiliens doivent adopter un projet de loi au cours des prochains jours pour qualifier de «terroriste» quiconque s'adonne à du saccage lors de manifestations. Les peines pourraient aller jusqu'à 30 ans d'emprisonnement.

«Si nos politiciens passaient autant de temps à s'attarder aux vrais problèmes, ils n'auraient pas besoin de perdre du temps à essayer de nous museler», rétorque un membre du Mouvement des sans-toit, sous le couvert de l'anonymat.

«Mais ça, mon cher ami, c'est le Brésil. Tout est une question d'image et j'espère que des millions de personnes vont manifester pendant la Coupe du monde pour montrer le vrai visage de notre grand pays.»

Les expropriés du sport

250 000

Nombre total de personnes expropriées au Brésil

1 JOUR

Préavis minimal d'expulsion à Rio, qui ne dépasse rarement 7 jours

En chiffres

48%

Proportion des Brésiliens en faveur de la Coupe du monde en février 2014   

79%

Proportion en novembre 2008

(Source : DataFolha)   

170 000

Nombre de militaires, policiers et agents de sécurité dispersés dans les 12 villes hôtes

475 $

Prix d'un logement précaire, qui était de 220 $ 4 ans plus tôt dans le quartier où se trouve le  stade Itaquerão de São Paulo   

355 $

Le salaire minimum par mois au Brésil

Repost 0
Published by La Presse
commenter cet article